Résumé
Pendant la majeure partie de l’époque moderne, il était courant d’accuser la reine lorsque le couple royal était infécond. Or, à partir de la seconde moitié du XVIIIe siècle, le schème tend à s’inverser dans les monarchies européennes et la suspicion se porte de plus en plus sur l’incapacité sexuelle du monarque. Le cas de Louis XVI est connu mais rarement remis en contexte. Il s’agira donc ici d’adopter une approche diachronique et d’ouvrir notre étude à divers exemples européens afin de mettre en évidence la banalité des cas d’infécondité et le changement de paradigme qui s’opère au XVIIIe siècle concomitamment au développement d’un discours expriment une crise de la masculinité. Par la suite, on s’interrogera sur la manière dont cette crise a été prise en considération par le pouvoir royal en France et on s’arrêtera plus particulièrement à l’étude des représentations de Louis XVI dans une perspective genrée en y recherchant les signes visant à souligner sa masculinité.
Résumé Dans la première moitié du XIXe siècle, les villes sont confrontées à des problèmes de salubrité publique et doivent désormais y répondre à des urgences. La modification de l’espace urbain est un est des moyens utilisés. Dans le cadre de la politique d’embellissement et de l’utilité publique, le bâti médiéval est sujet à disparaître, à tort ou à raison. Une nouvelle catégorie de vandalisme se dessine. Des acteurs, institutionnels ou non, luttent contre les différents vandales pour conserver les édifices anciens présents dans le tissu urbain. Ces édifices sont démolis ou mutilés alors même qu’ils constituent un attrait « touristique » pour les voyageurs, donc une ressource financière, d’où l’utilité de les conserver et de les entretenir.
Résumé Bien souvent considérée comme un art immatériel, la littérature laisse pourtant des traces bien physiques de son existence sur le territoire français. Ainsi peut-on visiter de nombreux espaces littéraires, à l’image des maisons d’écrivains ou des musées littéraires. Ces lieux prennent des formes variées et il peut sembler étonnant de comparer la Maison de Tante Léonie, également appelée Musée Marcel Proust et le Clos Arsène Lupin, situé dans la maison de Maurice Leblanc. En effet, l’œuvre de Marcel Proust est bien souvent considérée comme faisant partie des « classiques » de la littérature française alors que les textes de Maurice Leblanc sont plutôt perçus comme relevant de la « paralittérature ». Pourtant, les lieux qui leurs sont dédiés comportent des similitudes puisqu’ils entretiennent des liens étroits avec les textes, en offrant, par certains aspects, une matérialisation de la fiction littéraire. Il s’agira donc de comparer ces deux espaces, de s’interroger sur la manière dont l’histoire éditoriale des textes et les horizons d’attente liées aux auteurs influent sur la conception même des lieux tout en réfléchissant aux influences de ces lieux sur la réception contemporaine des œuvres.
Résumé
L’article vise à étudier la place prise progressivement par l’artiste allemand Friedrich Overbeck dans le paysage artistique français, et cela, particulièrement par le biais de sa collaboration avec l’éditeur Léon Curmer. Sans proposer une étude exhaustive, il s’agira surtout de comprendre les raisons pour lesquelles Overbeck devint attractif dans les années 1830-1840 en France dans le contexte d’un réel bouleversement de l’art religieux. Par ailleurs, au travers d’une étude de cas plus précise, celle de la Passion de Notre Seigneur Jésus-Christ, il s’agira de comprendre comment Curmer, éditeur de luxe par excellence et Overbeck, incarnation de l’ascétisme religieux purent converger et former un duo marquant jusque dans les années 1850.