Portrait de Daniel Roche, historien spécialiste d’histoire culturelle et sociale de la France d’Ancien Régime

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Professeur au Collège de France, Daniel Roche a porté ses travaux de recherche au croisement de l’histoire culturelle, sociale et urbaine de la France de l’Ancien Régime. En se concentrant sur des sources notariées exploitées de manière sérielle, il développe une histoire matérielle de l’Ancien Régime à travers l’histoire des vêtements, de la culture équestre et de la consommation quotidienne. Il contribue également à un histoire des sociabilités et de la culture populaire.

Transcription du portrait de Daniel Roche

Les sources

Les sources notariales occupent une place majeure dans un grand nombre de vos travaux. Qu’apportent ces sources spécifiques à la compréhension des sociétés modernes ?

Historiographie

Vous avez travaillé notamment sur la question de la culture matérielle et avez contribué à importer en France des questionnements qui étaient alors principalement abordés par l’historiographie anglo-saxonne. Dans ces travaux, notamment sur le vêtement, vous évoquez les conflits politiques et religieux comme facteur de transformations des pratiques. Quels sont ces conflits et dans quelle mesure pèsent-ils sur les transformations culturelles ?

De l’histoire de l’énergie

Dans le premier tome de votre trilogie sur la culture équestre (La culture équestre de l’Occident, XVIe-XIXe siècle : l’ombre du cheval, 3 tomes, Paris, Fayard, 2008-2015), intitulé Le cheval moteur, vous notez le manque d’intérêt de la discipline historique pour l’histoire de l’énergie. Selon vous, quelles pistes de recherche pourraient-être poursuivies sur la question ?

Société en mouvement

Dans vos différents travaux, la question du mouvement et des mobilités revient régulièrement dans une société souvent perçue comme figée ; mobilité sociale, mobilité physique, symboles et représentations en mouvement. En quoi cette dualité entre mouvement et mobilité vous semble être une approche pertinente pour appréhender la société d’Ancien Régime ?

Chronologie

Nous avons noté dans la trilogie évoquée plus haut le déplacement des bornes chronologiques de vos recherches vers le XIXe siècle. Est-ce une question de rigueur scientifique imposée par le sujet ou peut-on y voir une volonté de casser les conventions chronologiques traditionnelles ?

Une histoire totale ?

Lorsque l’on lit vos différents travaux, et plus particulièrement votre histoire de la culture équestre, on note une certaine imbrication entre les facteurs économiques, sociaux et culturels – qui sont toujours, comme vous le dites, intrinsèquement liés – pour décrypter la complexité de la société moderne. On peut justement penser à cette histoire de la culture équestre, où vous mettez en lien toutes ces sphères. Cette approche s’inscrit-elle dans l’ambition plus large d’écrire une histoire totale de la société d’Ancien Régime ?

Histoire économique et sociale

Vos travaux témoignent de l’importance que vous donnez à l’histoire sociale et économique ; vous avez été – vous l’avez rappelé tout à l’heure – un élève de Ernest Labrousse. Comment expliqueriez-vous la baisse d’intérêt pour cette histoire sociale et économique ? A-t-elle encore, selon vous, une place dans l’historiographie contemporaine ?

Parcours et conseils aux jeunes chercheurs

Vous avez une longue carrière d’historien, et êtes aujourd’hui professeur honoraire au Collège de France. Quel regard portez-vous sur votre parcours aujourd’hui, et quels conseils donneriez-vous à de jeunes chercheurs ?

 

Transcription du portrait de Daniel Roche

Préparation : Bernadette Ménard, Nicolas Stromboni, Kylian Guénec, Arnaud Carbonne.
Réalisation et montage : Bernadette Ménard, Antoine Rodriguez.

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