Archives de catégorie : Numéro 10

Le discours sur le temps au sein de l’œuvre de Bède le Vénérable : un point tournant de la connaissance altomédiévale ? Une étude statistique du vocable tempus dans les textes de la Patrologia latina

Patrice F. Hamel

Résumé

L’historiographie récente contribue à dynamiser l’intérêt de la recherche pour le système de représentation temporelle de Bède le Vénérable. Son œuvre vaste constitue un véritable monument d’authentique génie en matière de récupération/critique/reformulation des réflexions patristiques, mais aussi de perfectionnement, voire d’innovation « scientifique », théologique et sociale. Afin de cerner davantage la richesse de son discours, mais également les modalités selon lesquelles ce dernier s’articule avec ce qui le précède et ce qui le suit dans le temps long, on entreprend une étude de statistique lexicale d’un terme en apparence banal, tempus, mais dont on montre a contrario l’immense potentiel en matière de considérations historiques.

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Portrait de Daniel Roche, historien spécialiste d’histoire culturelle et sociale de la France d’Ancien Régime

Professeur au Collège de France, Daniel Roche a porté ses travaux de recherche au croisement de l’histoire culturelle, sociale et urbaine de la France de l’Ancien Régime. En se concentrant sur des sources notariées exploitées de manière sérielle, il développe une histoire matérielle de l’Ancien Régime à travers l’histoire des vêtements, de la culture équestre et de la consommation quotidienne. Il contribue également à un histoire des sociabilités et de la culture populaire.
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Editorial n°10

A l’heure où de vifs débats agitent l’espace public et où l’histoire est invoquée pour trancher sur des sujets de société, les chercheurs en sciences sociales peinent souvent à faire entendre leur voix. Qu’il s’agisse de diffuser la connaissance scientifique ou de prendre part à des débats de société, la remise en question du discours de l’expert tel que le qualifie le politologue Arnaud Mercier tend à complexifier ce rôle de médiateur auquel s’astreint une partie de la communauté scientifique. À cela s’ajoutent des facteurs plus endogènes, comme la baisse progressive des dotations de la recherche ou la mise en concurrence accrue des Unités de recherche et de formation : il semble alors nécessaire de diffuser et de valoriser les travaux de jeunes chercheurs.

C’est dans ce contexte que la revue Circé. Histoire, savoirs, sociétés signe son dixième numéro et son septième anniversaire. À cette occasion, une réflexion autour des objectifs et possibilités pratiques de renouvellement de la ligne éditoriale a pu être menée, un certain nombre de pistes sont explorées notamment à travers l’enrichissement de notre site internet qui pourrait aboutir à l’inauguration prochaine d’une rubrique davantage orientée vers l’actualité ainsi que sur la présentation d’outils méthodologiques utiles aux jeunes chercheurs. Notre revue s’engage cette fois encore à mettre en avant la richesse de la production scientifique de notre discipline, dans toute sa diversité et ses originalités.

Chaque numéro est le fruit d’un travail rigoureux d’étudiants en master et doctorat. Cette organisation associative entraîne néanmoins un ralentissement à chaque changement d’équipe, comme ce fut le cas pour cette année 2018. Circé se veut toutefois le reflet d’un univers de la recherche foisonnant, varié et capable de se renouveler. Nous sommes convaincus que l’interdisciplinarité ainsi que la transversalité épistémologique sont des enjeux centraux dans le développement de la recherche et de la connaissance en sciences sociales.

Fort de sept contributions, ce numéro 10 s’ouvre sur un portrait de l’historien Daniel Roche. L’originalité de son approche, empruntant tant à l’histoire culturelle qu’à la tradition de l’histoire économique et sociale, semble tout à fait à propos dans le cadre des débats épistémologiques actuels. Les chercheurs, débutants comme confirmés, pourront trouver dans cet entretien matière à mener une réflexion à la fois egohistorique mais également relative à la place de l’historien en société. C’est enfin l’occasion de revenir, avec lui, sur la diversité documentaire qui s’offre au chercheur ainsi que sur les manières de l’aborder et de l’exploiter. D’inscriptions lapidaires chypriotes aux archives d’état russe de l’histoire sociopolitique, en passant par la Patrologie latine ou encore les états de crime de l’administration royale du XVIIIe siècle, le corpus de contributions proposé dans ce numéro est alors le reflet de cette multiplicité de sources documentaires et de l’originalité méthodologique déployée pour exploiter au mieux les données de la recherche.

Le comité de rédaction de Circé. Histoires, Savoirs, Sociétés