La vigne et l’herbe : alimentation et environnement végétal au château de Thouars au XVe siècle

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Charles Viaut

 


Résumé : Au XVe siècle, l’image des sires de La Trémoïlle, réputés amateurs de viande, masque une réalité plus nuancée : l’alimentation aristocratique repose avant tout sur le pain et le vin, produits de vastes redevances céréalières et viticoles. Les comptes de Thouars révèlent une consommation végétale bien plus large qu’il n’y paraît : légumes modestement présents, souvent issus de l’autoproduction, mais fruits variés, consommés frais ou secs selon les saisons, parfois valorisés pour leurs vertus symboliques et médicinales. Le végétal intervient aussi dans l’hygiène et la pharmacopée, témoignant de l’influence des savoirs médicaux savants. Autour du château, jardins, vergers, vignes et cultures céréalières structurent un paysage intensément exploité, complété par les ressources forestières. Si la viande domine dans les représentations culturelles de l’aristocratie, les sources comptables mettent en évidence le rôle essentiel et multiforme des productions végétales dans l’économie, la santé et la vie quotidienne seigneuriale.

Mots-clés : Alimentation médiévale, Aristocratie, Sources comptables, Culture matérielle, Symbolique alimentaire. 


Charles Viaut, né le 25 juillet 1994, est maître de conférences en histoire et archéologie du Moyen Âge à l’Université Bretagne-Sud (laboratoire TEMOS UMR 9016). Ses recherches s’inscrivent dans une démarche d’histoire environnementale des sociétés médiévales : elles concernent notamment l’alimentation, les paysages, les parcs de chasse, les ressources marines et l’archéologie castrale. Il dirige la fouille du site de Bialé (Saint-Justin, Landes), dans le cadre du programme AgroPast (Recherches sur l’agropastoralisme landais au Moyen Âge) et collabore à des projets de recherche sur des sites médiévaux comme celui du château et du port de Talmont (Vendée). Sa thèse, soutenue en 2021, portait sur la consommation et les pratiques alimentaires dans les châteaux et milieux élitaires de l’Aquitaine médiévale.

Contact : charles.viaut@univ-ubs.fr 


Introduction

Les sires de La Trémoïlle, entre autres faits de gloire, sont connus pour avoir été des obèses au ventre formidable, et ce de père en fils : tel est par exemple le cas de Georges II de la Trémoïlle, sire de Craon. Au banquet suivant l’entrevue de Picquigny de 1475, Philippe de Commynes le cite parmi les convives « fort gros et gras » du parti français, placés là « pour mieux plaire à ceux qui avoient envie de boyre »[1]. De fait, les comptes de l’hôtel de son neveu, Louis II, vicomte de Thouars de 1483 à 1525, donnent à voir des dépenses de bouche largement dominées par les achats de viande[2]. Cela était déjà le cas à Thouars, du reste, du temps de son beau-père, Louis d’Amboise, vicomte de Thouars de 1426 à 1469, dont nous conservons également des comptes de cuisine[3]. Ce n’est certes pas à la table de tels seigneurs que l’on s’attendrait à voir consommer fruits et herbes en quantité, à l’exception du jus de la treille. Le contexte culturel de l’aristocratie du Moyen Âge tardif n’encourage pas non plus à soupçonner les excès de tubercules : ces derniers, poussant dans la glèbe, étaient symboliquement associés à l’alimentation paysanne, tandis que les fruits poussant haut dans le ciel paraissaient plus adaptés aux estomacs délicats de l’aristocratie. Une telle conception analogique des rapports entre homme et nature, alimentation et société, microcosme et macrocosme a notamment été mise en évidence par A. Grieco à partir de la situation italienne[4], mais participe de conceptions communes à l’ensemble de l’aristocratie de l’Occident chrétien à la fin du Moyen Âge[5]. Le végétal serait-il-donc cantonné à un rôle subalterne à la table des hauts aristocrates du XVe siècle ?

Force est de constater que la situation est loin d’être aussi simple. L’alimentation de l’Occident médiéval repose sur les trois pôles symboliques que sont le pain, aliment de base de l’ensemble de la population, le vin, qui constitue avec le précédent les deux espèces de l’eucharistie[6], et la viande. En effet, la céréaliculture et la viticulture constituent durant tout le Moyen Âge, et jusqu’à l’époque industrielle, des fondamentaux de l’agriculture de l’Occident chrétien, modelant les paysages et les régimes alimentaires de la plus grande partie des populations d’Europe méridionale et occidentale[7]. Si la viande et les autres produits animaux ont leur importance dans l’alimentation et les représentations sociales associées, elles sont, pour ainsi dire, secondaires vis-à-vis des productions végétales, y compris dans l’aristocratie : pain et vin occupent le plus souvent la plus grande part des dépenses d’approvisionnement[8]. Au château de Thouars, siège du pouvoir des lignages d’Amboise puis de La Trémoïlle au XVe siècle, les sources écrites conservées sont suffisamment riches pour nous permettre d’aborder l’alimentation végétale avec une certaine finesse, dans un contexte où la destruction puis la reconstruction totale du château, au XVIIe siècle, nous prive des indispensables informations archéologiques renseignant la longue durée. Les sources comptables nous permettent ainsi de mettre quelque distance avec la verve du chroniqueur : plusieurs cahiers de comptes d’hôtel, de cuisine et d’approvisionnement datés des vicomtes Louis d’Amboise et Louis II de la Trémoïlle, conservés aux Archives Nationales, nous ont permis de nous plonger dans l’intimité de l’approvisionnement d’un château majeur à la fin du XVe siècle, des fournisseurs aux consommateurs, pour ainsi dire, de la fourche à la fourchette.

Le chartrier de Thouars des Archives Nationales, vaste fonds privé, préserve notamment les comptes de châtellenies et d’hôtel des possesseurs successifs du château et de la seigneurie de Thouars, cœur de la puissante vicomté de Thouars. Les comptes de recettes et dépenses sont conservés depuis 1397 et jusqu’à la fin du XVe siècle, avec d’importantes lacunes cependant[9]. Les recettes en nature, en produits de la terre notamment, y sont consignées avec une certaine précision. Les documents les plus importants sont néanmoins des cahiers de compte concernant les dépenses de bouche, probablement attachés à l’office de cuisine. Ils ne concernent que quelques années, dans les années 1440 et 1450, au milieu du XVe siècle, en ce qui concerne l’époque de Louis d’Amboise[10]. Les comptes d’hôtel du temps de Louis II de la Trémoïlle sont, eux, mieux conservés, et ont notamment été exploités par L.  Vissière dans une biographie consacrée à ce dernier[11].

Ces sources nous permettent de reconsidérer le rôle des productions végétales dans l’approvisionnement, les pratiques culinaires et médicales à la cour des gras seigneurs de Thouars : non seulement les inévitables pain et vin, mais aussi la diversité des produits végétaux, d’origine locale ou lointaine, utilisés à table ou comme remèdes. En miroir, ces données nous permettront de proposer un premier tableau, impressionniste certes, de l’environnement végétal de ce château poitevin du Moyen Âge finissant.

Un socle alimentaire : les cultures céréalières et la vigne

Au château de Thouars comme ailleurs, la plus grande partie de la consommation alimentaire provient, directement ou indirectement, des céréales, notamment sous forme de pain et de farine. Paradoxalement, l’approvisionnement en pain est assez mal connu : les comptes de cuisine ne le notent pas, sauf exception, car cet aliment relève, cas classique dans l’Occident de la fin du Moyen Âge, d’un autre office : celui de paneterie[12]. Cet organe de l’hôtel s’occupe à la fois de la préparation et de la cuisson du pain, mais aussi de son achat auprès de professionnels. À Thouars, les comptes de paneterie sont en grande partie perdus ; cependant, les comptes de la seigneurie permettent d’aborder une autre facette, celle de l’approvisionnement en céréales à travers les redevances payées en nature par les tenanciers. Ces dernières sont fréquemment ignorées, ou peu exploitées dans le cadre des études portant sur l’approvisionnement des châteaux et l’alimentation seigneuriale. Pourtant, de nombreuses études de cas ont montré le rôle important qu’elles jouent dans de nombreuses seigneuries rurales, à la fois pour la mise sur le marché des grains, mais aussi pour la consommation domestique[13].

À Thouars, le froment (Triticum aestivum) est la céréale la mieux représentée, et de loin, dans les redevances en nature dues chaque année à la Saint-Michel. En 1443, les fromentages de la vicomté, payés en grains, en représentent ainsi 508 setiers[14]. L’avoine (Avena sativa) et le seigle (Secale cereale) ainsi que l’orge de printemps, ou baillarge (Hordeum vulgare) sont également représentés en plus petites quantités. Les ventes de blés issus des redevances sont marginales, la plus grande partie étant apparemment destinée à la paneterie castrale ; les dépenses en grains indiquées dans les comptes concernent des aumônes à des fondations religieuses et des rentes en grains versées à des personnes, mais aussi et surtout des sommes de grains versées au maître d’hôtel pour la dépense de l’hôtel seigneurial. Dans ce cas de figure, les grains sont certainement moulus dans les moulins seigneuriaux avant d’être employés au château. Ces derniers sont par ailleurs souvent affermés et assujettis à une rente en nature : en 1443, la ferme des moulins de la châtellenie de Thouars rapporte 186 setiers[15]. La consommation de pain ne s’éclaire vraiment qu’à la toute fin du XVe siècle, avec les comptes de paneterie du maître d’hôtel de Louis II de la Trémoïlle, lorsque celui-ci réside au château de Thouars. En moyenne, l’hôtel seigneurial consomme 50 douzaines de pains par jour, servant à la nourriture de plusieurs centaines de personnes ; on ignore la taille de ces pains, mais « pain blanc » destiné à la table seigneuriale et « gros pain » pour le tinel sont distingués par les comptes du samedi[16]. Les énormes quantités de pain requises rendent peu probable un recours exclusif aux redevances en nature : il y a fort à parier que le pain représentait, alors, une bonne partie de la dépense alimentaire totale de l’hôtel.

La vigne (Vitis vinifera) et le vin sont également très représentés dans les dépenses de bouche du château. Habituellement confiés à un office dédié, l’échansonnerie, les dépenses en vin sont exceptionnellement confiées à la cuisine pour l’année 1440-1441, ce qui nous donne un aperçu des quantités, des provenances et du montant des achats en vin au temps de Louis d’Amboise[17]. En tout, le maître d’hôtel fait acheter pour 300 livres tournois de vin, soit l’équivalent de trois mois complets d’achats alimentaires autres. Les quantités sont énormes : 68 pipes de vin blanc, rouge et claret. Il s’agit alors du poste de dépenses le plus important, et pour cause : si la contenance des pipes poitevines du XVe siècle est équivalente à celle de leurs contemporaines bordelaises, estimées à 400 l. environ[18], cela représenterait plus de 27 000 l. de vin. D’où provient ce vin ? Les noms et parfois les paroisses d’origine des fournisseurs nous sont fournies par ce précieux compte. L’horizon d’achat est local, puisque les fournisseurs viennent de Louzy, d’Oiron ou encore de Saint-Varent, soit les environs de Thouars, au nord du Haut-Poitou. Chacun d’entre eux ne fournit aux réserves du château qu’une seule pipe, soit une futaille de quelques centaines de litres de contenance, en vin rouge, claret ou blanc, au prix de deux « réaulx » de monnaie réelle la pipe. Les fournisseurs du château de Thouars, appartiennent vraisemblablement à cette catégorie de petits ou moyens paysans vignerons cultivant quelques vignes en plus d’autres cultures, pour qui la vente d’une pipe de leur meilleur vin au château de Thouars constitue un revenu appréciable. L’un d’entre eux fait exception : le maître d’hôtel du château, qui possède des terres en complants lui permettant de vendre neuf pipes de son propre vin aux cuisines du château pour l’importante somme de 18 réaux. La vente se fait apparemment dans la ville de Thouars, au pied du château, probablement aux halles et dans les quartiers de commerçants signalés par les documents médiévaux[19]  : le 29 février 1440, deux hommes sont ainsi embauchés pour « charger le vin en ville »[20].

Les achats de vin ne sont pas le seul mode d’approvisionnement : la réserve seigneuriale de Thouars comprend également des vignobles en faire-valoir direct. Certaines de ces vignes pourraient être situées à proximité immédiate du château, à Thouars même, car les textes témoignent de l’existence d’une petite viticulture urbaine : en 1500, une partie des jardins du château est encore appelée « la vigne du curé », alors qu’il n’y a plus de vignes à cet endroit[21]. L’hôtel seigneurial de Thouars embauche régulièrement des travailleurs agricoles, tonneliers et artisans pour mettre en valeur les vignes de la réserve. Bien que l’on ignore leur étendue exacte, le travail de la vigne et la vendange représentent, chaque année, des dépenses considérables. La vendange de l’année 1441 se trouve ainsi décrite dans un cahier de comptes[22] :

« Pour la despence des vendenges escheues en lad. premiere année desd. III années. Cest assavoir pour reliages, achaptz de fusts, pour les salaires des fouleurs, someteurs, vendengeurs et autres aydes et pour leur despence de bouche et de chevaulx et autres menuz fraiz comme par les parties declarees certiffiees par ledit Bordier es rolles cy rendu puet apparoir pour ce 47 l. 15 s. 3 d »

La production seigneuriale n’est pas connue dans le détail ; toutefois, étant donné qu’elle n’apparaît pas dans le registre des recettes, il semble qu’elle n’ait pas été mise sur le marché mais qu’elle ait contribué à approvisionner la table seigneuriale.

Le compte de l’échansonnerie de Louis II de la Trémoïlle fournit des données plus détaillées sur la consommation, en termes de qualité et de quantité. À la fin du XVe siècle, on consomme au château de Thouars du vin blanc, du vin clairet, mais aussi du « vin nouveau » en automne, probablement comparable au « bourru » consommé encore aujourd’hui à l’automne en Bordelais[23]. La consommation des La Trémoïlle s’établit à trois poinçons en une semaine, tandis que le vin des serviteurs est compté en pipes. Une estimation approximative des quantités consommées à chaque repas s’établit à deux ou trois litres par personne et par jour[24]. Les quantités estimées sont claires : si la qualité des produits diffère de ceux du commun, pain et vin restent le socle fondamental de l’alimentation à la table des vicomtes de Thouars tout au long du XVe siècle.

Herbes et fruits au château

Les autres plantes alimentaires ne se trouvent que bien plus rarement dans les sources écrites de toute nature. Les légumineuses sont parfois évoquées : sur toute la durée de l’année 1440, les comptes de cuisine notent l’achat de 11 boisseaux de pois[25]. Du 15 février au premier avril 1458, ce sont pas moins de 5 boisseaux de fèves qui sont achetés[26].

Les plantes potagères que le moyen français nomme herbes, en particulier, sont passées sous silence par les comptes de châtellenie, et n’apparaissent que rarement dans les comptes de cuisine, en faibles quantités. En février et en mars 1440, l’officier responsable de l’approvisionnement des cuisines achète des épinards, des oignons, des « herbes » non précisées ; en mars et en avril, des oignons et des navets. En 1458, ce sont principalement des oignons, des navets et des épinards. Il est également fait mention, en novembre et en décembre 1440, de choux et de « porée », c’est-à-dire de légumes verts hachés[27]. Dans les années 1480 et 1490, à la table de Louis II de la Trémoïlle, les légumes ne semblent guère mieux mis en valeur. Lorsqu’ils sont précisés, il s’agit de navets, d’oignons, de pois, d’épinards, de choux-raves, de ciboules ; cependant, comme à l’époque de Louis d’Amboise, on n’en précise que rarement la nature, le tout étant souvent désigné par les appellations d’ « herbes » ou de « potager »[28], manifestant le peu d’intérêt accordé à ces aliments. La faible quantité et le peu de diversité de légumes acquis pour la table seigneuriale nous laisse penser qu’il est possible qu’une partie de la consommation de légumes soit le fait de l’autoproduction au château et dans la réserve seigneuriale, en plus d’un possible désintérêt pour les « herbes » à la table du vicomte de Thouars.

Les fruits sont un peu mieux lotis : cerises, prunes, fraises, pommes, poires, châtaignes récoltées dans les environs sont consommés à la cour de Louis d’Amboise. En Carême, on complète avec des achats de figues et d’amandes importées. Cependant, les achats de fruits frais sont surtout concentrés entre le printemps et l’été. Entre le 22 mai et le 18 août 1440, l’hôtel du château de Thouars fait à deux reprises l’acquisition de pommes, à douze reprises de poires, à 27 reprises de prunes. On achète également des fruits rouges : 13 fois des cerises douces, 15 fois des guignes, 5 fois des fraises et trois fois des groseilles[29]. Les châtaignes sont surtout consommées à l’automne, comme c’est le cas en octobre 1458[30]. À la fin du siècle, nèfles et coings sont également présents[31]. Cependant, les fruits représentent un pourcentage négligeable de la dépense totale. Il semble qu’une partie au moins des fruits consommés soient issus de l’autoproduction : bien que la topographie médiévale du château de Thouars soit méconnue, des jardins et vergers sont mentionnés par les documents comptables. En 1499, les comptes de Gabrielle de Bourbon, épouse de Louis II de la Trémoïlle, mentionnent l’entretien du verger castral[32].

La faveur accordée aux fruits frais comparativement aux plantes du potager pourrait trouver sa source dans les propriétés attribuées aux fruits dans la culture élitaire de la fin du Moyen Âge. Les représentations cosmologiques issues de la lecture des auteurs antiques et des conceptions chrétiennes fondent une analogie entre situation topographique des aliments, représentations du monde où le Ciel occupe la place éminente et représentations sociales, où l’aristocratie occupe le sommet[33]. Bien que cela ne soit jamais explicité, il est probable que ces conceptions diffusées par le biais des sociabilités aristocratiques et des supports livresques ne soient pas étrangères à la faveur accordée aux cerises, fruits poussant haut sur l’arbre, donc en contact avec le Ciel. De plus, les théories médicales liées à la théorie des humeurs s’accordent à faire des fruits des aliments aux propriétés diverses, mais propres à contrebalancer l’influence d’autres aliments, dans le cadre des régimes de santé[34]. Les préoccupations diététiques et médicales sont, au juste, rarement éloignées en ce qui concerne les pratiques alimentaires aristocratiques de la fin du Moyen Âge.

Remèdes et hygiène

Les questions médicales et diététiques sont intimement liées à la fin du Moyen Âge : la diététique est définie par le Canon d’Avicenne, ouvrage fondamental de la formation médicale, comme l’un des domaines privilégiés de compétence du médecin, conjointement à la chirurgie et la pharmacie, cette dernière faisant largement usage de substances végétales[35]. Les conceptions savantes des liens entre diététique, pharmacie et alimentation pourraient paraître éloignées de la réalité du quotidien, y compris de celle d’une cour aristocratique. C’est toutefois raisonner sans prendre en compte la très large diffusion des conceptions savantes de la diététique, grâce aux supports livresques, mais aussi et surtout à la présence de professionnels de la médecine. À Thouars, des médecins juifs sont signalés dès le XIIIe siècle[36]. Au XVe siècle, les comptes de Louis d’Amboise trahissent la présence de médecins au service du vicomte de Thouars. En 1442, un certain « maistre Robert » est ainsi appelé successivement le « mege » et le « phisicien »[37]. Les mentions ne sont pas suffisamment précises pour déterminer son statut, entre médecin installé en ville ou praticien attaché à l’hôtel du vicomte. Toutefois, une influence médicale savante sur les menus et la pharmacopée en usage à la cour des vicomtes de Thouars au XVe siècle ne fait pas de doute.

Les amandes font partie des aliments spécifiquement achetés pour les malades. En septembre 1441, on achète ainsi une demie-livre d’amandes pour un certain Janin, « qui estoit malade »[38]. Les différents Régimes de santé en usage à la fin du Moyen Âge attribuent aux amandes des propriétés curatives : pour le Régime du corps d’Aldebrandin de Sienne, elles sont bonnes à soigner la fièvre[39] ; dans le Tacuinum sanitatis adapté d’Ibn Butlân, elles permettent de traiter l’ébriété et l’angoisse[40]. Les amandes étant issues du commerce, il est presque certain que ces achats découlent d’une prescription médicale. À l’époque de Louis II de la Trémoïlle, les végétaux sont encore employés régulièrement en cas de maladie : en cas de rhume, des tisanes à base d’anis, de coriandre et d’écorce de citron sont préparées ; contre le mal de gorge, on fait appel à des gargarismes au rosat et sucre candi ; pour le mal de dents, des préparations opiacées à base d’anis et de sang-de-dragon, résine du dragonnier, sont employées[41]. Les maux digestifs sont traités aussi bien à partir de plantes locales, camomille, coriandre et fleurs des champs, que d’écorce de citron, fruit issu du grand commerce méditerranéen[42]. Les agrumes sont quelquefois mentionnés dans les comptes d’approvisionnement des hôtels aristocratiques d’Aquitaine au XVe siècle[43] ; les quantités achetées auprès des apothicaires restent cependant limitées. De fait, les graines d’agrumes ne sont que rarement identifiées dans les contextes archéologiques médiévaux de France méridionale[44].

Les plantes sont également employées en hygiène bucco-dentaire. La question de la préservation des dents et de l’haleine est, effectivement, largement abordée par les traités de médecine et de pharmacopée de la fin du Moyen Âge : les inventaires d’apothicaires mentionnent régulièrement des substances odorantes d’origine exotique, utilisées pour soigner les maux de bouche ou l’haleine fétide[45]. Parmi celles-ci, Louis II d’Amboise utilise notamment le mastic, pour les maux de dents ; l’eau de rose, le chèvrefeuille et le jus de réglisse, pour l’haleine[46].

Environnement végétal et milieux exploités autour du château de Thouars

La prise en compte croisée des documents écrits de toute sorte, documents comptables et actes, ainsi que de la documentation planimétrique d’époque moderne, nous permet un premier essai de restitution des paysages et de l’environnement végétal aux environs du château de Thouars au XVe siècle. Les données sont centrées sur le château, bien entendu, ce qui pourrait fausser la donne ; cependant, les indications relatives aux fournisseurs de céréales, de vin, de fruits, de légumes, l’emplacement des forêts seigneuriales sont toutes indiquées avec une précision relative dans les comptes. Les documents planimétriques en notre possession sont également bien tardifs, les plus anciens étant dressés par les frères Cassini au XVIIIe siècle[47]. Cependant, le croisement avec les documents médiévaux permet de percevoir certaines permanences dans l’organisation du paysage et des cultures, entre la fin du XVe et le milieu du XVIIIe siècle.

À la plus grande échelle disponible, le château est lui-même un lieu de production de ressources végétales. Un jardin d’agrément, bordé d’une galerie, et un verger y sont attestés à la fin du XVe siècle[48]. La plante y nécessitant le plus de soin est le safran, cultivé sur place, mentionné en 1492, 1497 et 1500[49]. L’existence de jardins vivriers et d’autres cultures d’aromates, comme la coriandre, est également fort probable. Au-delà de l’enceinte du château, la vigne est cultivée en la ville de Thouars et ses environs proches ; une bonne partie du vin acheté par les cuisines en 1441 provient de ces vignes périurbaines, notamment les complants du receveur. La ville de Thouars est également entourée d’une couronne de cultures potagères et fruitières à fort rendement, objet de tous les soins de la population urbaine, qui est aussi cultivatrice. Une bonne partie des fruits consommés au château, pommes et poires, provient de cette première couronne de cultures.

Les plateaux calcaires situés entre les différents affluents du Thouet, rivière au bord de laquelle se trouve Thouars, ainsi que les autres affluents de la Loire comme la Dive, semblent plutôt destinés à des cultures céréalières, froment, avoine, orge et seigle. Les paroisses de Coulonges, Saint- Léger de Montbrun et Rigny fournissent ainsi une bonne partie des redevances céréalières de la châtellenie. La surreprésentation de l’avoine dans les comptes seigneuriaux pourrait être due, soit dit en passant, à la faveur de cette céréale auprès des milieux aristocratiques aux écuries bien fournies. Des spécialisations affleurent à la lumière des commandes de bouche : la pâture ovine semble bien développée à Mauzé, paroisse qui fournit, au fil des années, des centaines de moutons et d’agneaux aux cuisines du château. Les nombres sont trop importants pour de simples élevages paysans sur friches : il semble bien qu’au XVe siècle, les environs de Mauzé comprennent des prairies permanentes destinées à l’élevage ovin. La paroisse de Sainte-Gemme, au sud de Thouars, se distingue également par la présence de vignes seigneuriales, appartenant à la réserve de la châtellenie, sur les coteaux calcaires bien exposés au sud.

Les milieux incultes sont évidemment les formations végétales les plus difficiles à percevoir par le biais des sources écrites. Un espace fait exception : le Parc Chalon, parc forestier seigneurial situé à une dizaine de kilomètres l’ouest de Thouars. Signalé dès le XIIe siècle[50], ce bois est très fréquemment cité par les comptes du XVe siècle. Sa composition végétale est difficile à percevoir ; toutefois, il semble qu’il s’agisse d’un lieu boisé, au moins en taillis, puisqu’il sert très fréquemment de réserve de bois pour le chauffage au château[51]. Les essences présentes ne sont jamais précisées. Le parc est décrit comme ceint d’une enceinte, déjà ancienne au milieu du XVIe siècle, et entretenue jusqu’au XVIIIe siècle[52]. Encore aujourd’hui, ce bois est un domaine forestier privé, destiné à la chasse, donnant à voir une véritable permanence de l’occupation de l’espace à cet emplacement.

Le végétal est donc omniprésent dans l’alimentation et la vie quotidienne de la cour seigneuriale de Thouars : la vigne est partout, mais elle n’est pas seule. La précision des documents en notre possessions laisse deviner une exploitation complète des alentours,  enrichie par des achats issus du grand commerce auprès des apothicaires de Thouars. Dans ce contexte, la discrétion relative du végétal par rapport à d’autres catégories, comme la viande, peut être interprétée comme un biais idéologique, liée à l’importance de l’alimentation carnée dans les référents culturels du groupe aristocratique. Des documents de la pratique aussi arides que les comptes ne sont, on le voit, pas exempts de biais liés au contexte culturel de leur production : l’analyse de l’alimentation et de l’environnement végétal au Moyen Âge doivent, à l’image de tant d’autres aspects des sociétés médiévales, faire l’objet d’investigations pluridisciplinaires associant étroitement l’analyse des sources écrites à celle de la matérialité des sociétés. Si riche qu’il puisse être, ce tableau de l’environnement végétal d’un château du XVe siècle pourrait, dans ce sens, être encore enrichi et complété.


Sources éditées

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Marilyn Nicoud, Les régimes de santé au Moyen Âge : Naissance et diffusion d’une écriture médicale en Italie et en France (XIIIe– XVe siècle), Rome, Publications de l’École française de Rome, 2007.

Charles Viaut, « Au cellier du seigneur : Autour de l’approvisionnement alimentaire des châteaux en Aquitaine du Nord (Xe-XVe siècle) », dans Paul Bacoup, Natacha Caurette, Anne-Sophie Laurent et Astrid Marty (dir.), À table ! : De l’approvisionnement au dernier repas, Paris, Éditions de la Sorbonne, 2021.

Charles Viaut, À la table des princes.. et des autres ». Consommation et pratiques alimentaires sur les sites castraux et élitaires du nord de l’Aquitaine et du centre-ouest de la France (Xe-XVe siècle), 2021 [thèse de doctorat non publiée, Poitiers, France, Université de Poitiers].

Laurent Vissière, Louis II de La Trémoille, 1460-1525: « sans poinct sortir hors de l’orniere », Paris, Honoré Champion, 2008.


[1] Mémoires de Philippe de Commynes, Emilie Dupont  (éd.), Paris, Belin-Leprieur, 1843, p. 190 ; Laurent Vissière, Louis II de La Trémoille, 1460-1525: « sans poinct sortir hors de l’orniere », Paris, H. Champion, 2008, p. 28.

[2]   Archives Nationales, 1AP/137.

[3]   AN, 1AP/559 notamment.

[4] Allen Grieco, « Alimentation et classes sociales à la fin du Moyen Âge et à la Renaissance », dans Jean-Louis Flandrin et Massimo Montanari (dir.), Histoire de l’alimentation, Paris, Fayard, 1996, p. 479‑490.

[5] Bruno Laurioux, « Distinction et alimentation à la fin du Moyen Âge », dans Jean-Philippe Genet et E. Igor Mineo (dir.), Marquer la prééminence sociale, Paris, Éditions de la Sorbonne, 2015, p. 323‑345.

[6] Massimo Montanari, La chère et l’esprit: histoire de la culture alimentaire chrétienne, Paris, Alma éditeur, 2017.

[7] Bernard Bligny (dir.), Actes des congrès de la Société des historiens médiévistes de l’enseignement supérieur public, 2e congrès, Grenoble, 1971. Le vin au moyen âge: production et producteurs., Grenoble, Société des historiens médiévistes, 1971, vol. 2 ; Danièle Alexandre-Bidon, Perrine Mane et Mickaël Wilmart, « Vignes et vins au Moyen Âge. Pratiques sociales, économie et culture matérielle – Introduction », L’Atelier du Centre de recherches historiques. Revue électronique du CRH,  12, 2014 ; Philippe Meyzie, « Les « prisons de longue durée » : l’Europe du blé », dans Catherine Esnouf, Jean Fioramonti et Bruno Laurioux (dir.), L’alimentation à découvert, Paris, CNRS Éditions, 2015, p. 105.

[8] Pierre Charbonnier, « L’alimentation d’un seigneur auvergnat au début du XVe siècle », dans Actes du quatre-vingt-treizième congrès national des sociétés savantes, Tours, 1968. I, L’alimentation et ses problèmes, Paris, Bibliothèque nationale, 1971, p. 77‑101 ; François Maillard, « Les dépenses de l’hôtel du comte Jean d’Angoulême pour le second semestre 1462 », dans Actes du quatre-vingt-treizième congrès national des sociétés savantes, Tours, 1968. I, L’alimentation et ses problèmes, Paris, Bibliothèque nationale, 1971, p. 119‑127.

[9] AN, 1AP/897-1AP/907.

[10] AN, 1AP/556, 1AP/557, 1AP/559.

[11] Laurent Vissière, Louis II de La Trémoille, 1460-1525, op. cit.

[12] Pauline Moirez, Les offices de bouche à l’Hôtel du roi de France, de Philippe VI à Charles VI (1328-1422), 2002 [Thèse pour le diplôme d’archiviste paléographe non publiée, Paris, France, Ecole nationale des Chartes]

[13] Philippe Contamine, « Château, consommation et commercialisation dans la France de la fin du Moyen Âge : que faisait-on des redevances et des prélèvements seigneuriaux en nature ? Étude de cas », dans Jean-Marie Cauchies et Jacqueline Guisset (dir.), Lieu de pouvoir, lieu de gestion: le château aux XIIIe-XVIe siècles: maîtres, terres et sujets, Turnhout, Brepols, 2011, p. 243‑258 ; Charles Viaut, « Au cellier du seigneur : Autour de l’approvisionnement alimentaire des châteaux en Aquitaine du Nord (Xe-XVe siècle) », dans Paul Bacoup, Natacha Caurette, Anne-Sophie Laurent et Astrid Marty (dir.), À table!: De lapprovisionnement au dernier repas, Paris, Éditions de la Sorbonne, 2021.

[14] AN,1AP/902, f°20r°.

[15] Ibidem, f°22v°.

[16] Laurent Vissiere, Louis II de La Trémoille, 1460-1525, op. cit, p. 326.

[17]AN, 1AP/556-2.

[18] Sandrine Lavaud, « Futailles et mesures du vin de Bordeaux au Moyen Age », Revue Archéologique de Bordeaux,  104, 2013, p. 29‑42.

[19] Luc Bourgeois et Rozenn Coutant, « Thouars (Deux-Sèvres) », dans Luc Bourgeois (dir.), Les petites villes du Haut-Poitou de l’Antiquité au Moyen Âge: formes et monuments. Volume 1, Bressuire, Brioux-sur-Boutonne, Loudun, Montmorillon, Saint-Savin-sur-Gartempe, Thouars, Chauvigny, Association des publications chauvinoises, 2000, p. 107‑135.

[20] AN, 1AP/559, f°3r°.

[21] Laurent Vissière, Louis II de La Trémoille, 1460-1525, op. cit, p. 329.

[22] AN, 1AP/902, f°28v°.

[23] Laurent Vissière, Louis II de La Trémoille, 1460-1525, op. cit, p. 326.

[24] Id.

[25]AN, 1AP/556.

[26]AN, 1AP/556-2.

[27]AN 1AP/559, 1AP/556-2.

[28] Laurent Vissière, Louis II de La Trémoille, 1460-1525, op. cit, p. 326.

[29] Charles Viaut, À la table des princes.. et des autres». Consommation et pratiques alimentaires sur les sites castraux et élitaires du nord de lAquitaine et du centre-ouest de la France (Xe-XVe siècle), 2021 [thèse de doctorat non publiée, Poitiers, France, Université de Poitiers], p. 226.

[30] Ibidem, p. 224.

[31] Laurent Vissière, Louis II de La Trémoille, 1460-1525, op. cit, p. 325.

[32] Ibidem, p. 297.

[33] A. Grieco, « Alimentation et classes sociales à la fin du Moyen Âge et à la Renaissance », art. cit ; Massimo Montanari, Le manger comme culture, Bruxelles, Éd. de l’Université de Bruxelles, 2010.

[34] Marilyn Nicoud, « Savoirs et pratiques diététiques au Moyen Âge », Cahiers de recherches médiévales et humanistes. Journal of medieval and humanistic studies,  13 spécial, 2006, p. 239‑247.

[35] Marilyn Nicoud, Les régimes de santé au Moyen Âge: Naissance et diffusion dune écriture médicale en Italie et en France (XIIIe– XVe siècle), Rome, Publications de l’École française de Rome, 2007, p. 15.

[36] Laurence Moulinier, « Les médecins dans le Centre-Ouest au Moyen Age (XIIIe-XVe siècle) », dans Bruno Laurioux et Laurence Moulinier (dir.), Scrivere il Medio evo. Lo spazio, la santità, il cibo. Un libro dedicato ad Odile Redon, Rome, Viella, 2001, p. 409.

[37] AN, 1AP/556.

[38] AN, 1AP/556-1-2, f°11r°.

[39] Aldebrandin, Le régime du corps de maître Aldebrandin de Sienne: texte français du XIIIe siècle, Louis Landouzy et Roger Pépin (éd.), Paris, Champion, 1911, p. 154.

[40] Daniel Poirion et Claude Thomasset, L’art de vivre au Moyen-Age: codex Vindobonensis series nova 2644 conservé à la Bibliothèque nationale dAutriche, Paris, P. Lebaud, 1995, fo 18v.

[41] Laurent Vissiere, Louis II de La Trémoille, 1460-1525, op. cit, p. 340.

[42] Ibidem, p.341

[43] C. Viaut, «À la table des princes.. et des autres». Consommation et pratiques alimentaires sur les sites castraux et élitaires du nord de lAquitaine et du centre-ouest de la France (Xe-XVe siècle), op. cit, p. 225.

[44] Laurent Bouby, Bénédicte Pradat et Marie-Pierre Ruas, « Les restes de fruits dans les dépôts archéologiques du Midi de la France (Ve-XVIe siècles). », Archéologie du Midi Médiéval,  23-1, 2005, p. 145‑193.

[45] Laurence Moulinier, « Hygiène et cosmétique de la bouche au Moyen Âge », dans Dents, dentistes et art dentaire. Histoire, pratiques et représentations., Paris, L’Harmattan, 2012, p. 221‑239, p. 235.

[46] Laurent Vissière, Louis II de La Trémoille, 1460-1525, op. cit, p. 333.

[47] Institut Géographique National, carte de Cassini, Feuille de Mortagne, n°66 (1756) et n°99 (1764).

[48] Laurent Vissière, Louis II de La Trémoille, 1460-1525, op. cit, p. 294.

[49] Ibidem, p.297.

[50] Hugues Imbert, Cartulaire de l’abbaye de Saint-Laon de Thouars, Niort, Clouzot, 1876, p. 57.

[51] AN, 1AP/5562, f°42v°.

[52] AN, 1AP/1066.

 

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